Une reprise difficile

 1er 2008
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Un grand vide de 8 années apparait dans les archives de LA SOLONAISE. Une coupure brutale qui fut marquée par de nombreuses disparitions… ! LA SOLONAISE compte huit musiciens tombés au champ d’honneur. Après cette dure épreuve, il faudra attendre encore 3 années avant que LA SOLONAISE ne reprenne des activités régulières consignées dans les archives.

La guerre a cependant changé les mentalités. Rien n’est plus comme avant et le directeur de LA SOLONAISE, Monsieur Paul Lecoeur rend compte au Conseil d’administration du malaise qui règne parmi les musiciens : quelques démissions et des mouvements d’insubordination difficilement réprimables. Pour tenir compte de ce nouvel état d’esprit et des aspirations nouvelles des musiciens, le président, Monsieur Robert, suggère un renouvellement du répertoire, des concerts plus fréquents et l’introduction d’instruments nouveaux.

En 1923, l’artisan des succès de LA SOLONAISE et de sa renommée musicale, Monsieur Paul Lecoeur, directeur depuis sa fondation (41 ans), accablé par le maladie, est contraint d’abandonner la direction de LA SOLONAISE. Son fils Léopold assure la relève pour une durée de 2 ans.

Pour aider à faire face à ses difficultés financières de fonctionnement, le Président propose lors du Conseil d’administration de septembre 1924, de demander à la municipalité une subvention annuelle justifiée par la participation de LA SOLONAISE à toutes les fêtes locales. Monsieur le Maire, présent, invite le président de LA SOLONAISE à adresser sa demande de subvention à la municipalité. Celle-ci, reconnaissant le service rendu jusqu’alors bénévolement, accordera à partir de 1925, une subvention annuelle.

Les soucis majeurs de la Société vers les années 1927-1930 sont d’une part la recherche de ressources pour le financement de son fonctionnement et d’autre part la formation de plus en plus difficile des exécutants.

Pour trouver le financement de ses activités, un effort important est déployé par le Président et les musiciens pour augmenter le nombre des membres honoraires. Les cotisations ne sont plus collectées par le garde-champêtre rémunéré, mais par les musiciens eux-mêmes.

D’autre part, la recherche de finances donne l’idée de négocier la vente de toutes les médailles et palmes acquises par LA SOLONAISE depuis 1882. Cette question est longuement débattue en 1926. La faible valeur proposée permet de sauvegarder ces trophées. La tenue après de longues années d’utilisation ne pouvant être renouvelée est abandonnée et remplacée par le port d’une simple casquette distinctive. Les vareuses rassemblées sont vendues en 1928 à un brocanteur à raison de 2f le kg, après que les boutons aient été retirés.

Toujours dans un souci d’économie les déplacements à l’extérieur sont limités et le nombre de fêtes auxquelles participe LA SOLONAISE est réduit. Les fêtes qui selon les musiciens « n’offrent qu’un intérêt très restreint et n’ont rien d’attractif » (1) devraient être supprimées sans réduction de la subvention accordée par la municipalité.

Il est alors proposé que les deux fêtes de la Pomme de Pin et de la place de l’Eglise de Saint-Aubin, soient remplacées par une seule fête qui se tiendrait au Champ-Fleuri » où l’espace ne faisant pas défaut il serait possible d’organiser quelque chose de très bien » (1). Au surplus, le code de la route doit- selon les écrits du secrétaire à l’époque- interdire prochainement tout rassemblement sur la route nationale.

Le début du sacrifice des activités locales au dieu automobile commence timidement.

Dans ce contexte, les noces d’or de LA SOLONAISE sont modestement célébrées.

Les années passent, les difficultés financières subsistent.

En 1933, le directeur demande que des instruments soient fournis aux jeunes recrues.
« Il y a là évidemment sources de grosses dépenses qui ne peuvent être différées plus longtemps » (1).
Plusieurs musiciens proposent qu’un billet de loterie nationale soit pris au nom de LA SOLONAISE ; Les archives ne disent pas si la chance a souri aux musiciens. Cependant la rumeur dit que le billet acheté fut remboursé et le montant du remboursement réinvesti fut hélas définitivement perdu.

En 1935, un léger vent de rébellion souffle dans les rangs de LA SOLONAISE. Une augmentation de la subvention de la municipalité n’ayant pas été accordée, les musiciens n’assurent pas le concert du lundi de Pâques, place de la Gare.
Cette action est jugée regrettable, préjudiciable à la fois au commerce local, à la municipalité et à LA SOLONAISE. Il est demandé aux musiciens de revenir à de meilleurs sentiments. Faisant preuve de bon esprit, les musiciens donnent un concert supplémentaire le Lundi de Pentecôte.

L’ironie du sort veut que le dernier compte rendu de l’assemblée générale de 1938 se termine par une note très optimiste. « LA SOLONAISE qui fut depuis sa reprise d’activité après la guerre mondiale en proie si longtemps à des multiples difficultés matérielles, a doublé le cap des tempêtes. L’avenir, désormais, doit être envisagé en tout confiance » (1).

Hélas, l’Europe est de nouveau en proie à la folie guerrière. De nouveaux drames viennent déchirer la vie quotidienne.


(1) Archives de l’HARMONIE MUNICIPALE
(2) République du Centre de décembre 1969
(3) Bulletin Municipal de juillet 1976
(4) Bulletin Municipal de juillet 1981


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